La fabrique des plantes du futur

La fabrique des plantes du futur

De l’extérieur, on dirait presque un ­aéroport. Une rangée d’immenses ventilateurs, façon réacteurs de Boeing, pulse l’air chaud d’un printemps tardif, comme prêts à faire ­décoller le bâtiment au-dessus des plaines du ­Midwest.

A l’intérieur, c’est un théâtre. Avec, sur la scène de 15 000 mètres carrés, une série ininterrompue de mouvements, aussi variés qu’ordonnés, exécutés par des milliers de plants de maïs, de blé, de soja. Ici, une palette prend tranquillement un ­virage pour présenter les végétaux devant un ­distributeur d’eau. Une autre dépose sa cargaison sur un tapis roulant avant de poursuivre son chemin vers la piscine de lavage.

Les pots entrent, un à un, dans une chambre noire, pour une série d’images hyper-spectrales (de l’infrarouge à l’ultraviolet). Un peu plus loin encore, des lecteurs scannent les codes-barres de chaque plant avant prélèvement et analyse du matériel. Un impressionnant ballet, presque silencieux, ordonné par quelques rares humains. Dans la langue locale, on parle de « serres automatisées ».

Les nouvelles méthodes d’édition du génome suscitent un grand espoir dans l’agro-industrie : développer des variétés végétales plus performantes ou plus saines, en tournant la page des OGM. Reportage.

 

Nous avions été prévenus. Avant de visiter le centre de recherche de Pioneer, dans l’Iowa, temple consacré aux végétaux du futur, mieux valait se préparer à un léger changement d’échelle. Oublier les restrictions spatiales ou matérielles de la science publique, laisser de côté les habituelles plaintes sur le manque de moyens techniques ou humains. Plus d’un millier de chercheurs, trois ­bâtiments de verre et béton, de 18 000, 20 000 et 28 000 mètres carrés, des serres vertigineuses et des champs pour les essais à perte de vue… Bienvenue dans le « campus de Johnston », comme le ­résume Sharyl Sauer, responsable de la communication de cette ancienne entreprise familiale, devenue géant mondial de l’agro-industrie.

Pioneer, c’est une de ces sagas chères aux Américains. Celle d’un fils de fermier de l’Iowa, ingénieur agronome, qui reprend au début des années 1920 l’exploitation de son père.

 

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